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Erg Chegaga ou Erg Chebbi : quel désert choisir

Le Maroc compte deux grands ergs accessibles aux voyageurs, et on nous demande très souvent lequel choisir. La réponse tient rarement aux dunes elles-mêmes, qui sont spectaculaires des deux côtés, mais à la façon dont on y accède et à ce que l’on accepte de croiser une fois sur place.

Erg Chebbi, le plus facile d’accès

L’Erg Chebbi borde le village de Merzouga, dans le sud-est du pays. Sa particularité est d’être visible depuis la route goudronnée : on arrive, et les dunes sont là, à quelques centaines de mètres. Cela change tout pour qui voyage avec des enfants, dispose de peu de temps ou n’a pas envie d’une longue approche en piste.

Cette accessibilité a une contrepartie. Les campements sont nombreux au pied de l’erg, les balades à dos de chameau partent en cortège au coucher du soleil, et on est rarement seul sur une crête. Rien de rédhibitoire, mais il faut le savoir avant de partir chercher le grand silence.

C’est l’erg que l’on retrouve dans la plupart des circuits qui bouclent le pays, comme notre itinéraire de Marrakech à Merzouga ou le grand tour du Maroc, où le désert est une étape parmi les villes impériales et les gorges.

Erg Chegaga, plus loin et plus vaste

L’Erg Chegaga se trouve plus à l’ouest, au bout de la vallée du Drâa. Aucune route goudronnée n’y mène : il faut compter deux à trois heures de piste depuis M’Hamid El Ghizlane, à travers des regs, des zones sableuses et des bosquets de tamaris. Cette approche décourage les visites éclair, et c’est précisément ce qui fait sa réputation.

Les dunes y sont parmi les plus hautes du sud marocain et le massif s’étend sur une trentaine de kilomètres. On peut marcher longtemps sans croiser personne, monter une crête au lever du jour et n’avoir que du sable dans le champ de vision. Le silence, la nuit, n’a pas d’équivalent à Merzouga.

À Chebbi, on vient voir des dunes. À Chegaga, on vient y passer du temps.

Ce qui se joue autour

Un séjour à Chegaga ouvre sur des sites que l’on n’atteint pas depuis Merzouga. Le lac Iriki, vaste plaine asséchée bordée par l’Anti-Atlas, se traverse en 4×4 et offre des paysages presque lunaires. L’oasis d’Oum Lâalag, avec sa source naturelle et ses tamaris, fait une halte naturelle sur la piste. Un peu plus au nord, l’Erg Ezzahar reste très peu fréquenté et se prête bien aux bivouacs sauvages.

Nous partons de M’Hamid pour ces itinéraires, du format court de deux jours tout compris jusqu’aux traversées plus longues qui relient l’Erg Ezzahar à l’Erg Chegaga en plusieurs étapes.

Alors, lequel

Si le désert n’est qu’une étape d’un circuit plus large et que le temps est compté, Chebbi remplit parfaitement son rôle. Si le désert est la raison du voyage, si l’on veut deux ou trois nuits sur place et un vrai sentiment d’éloignement, Chegaga vaut la piste qu’il faut avaler pour l’atteindre. Les deux sont beaux ; ils ne racontent simplement pas la même histoire.

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